Lundi 2 février 2009


Ainsi peut-on parfois appeler les idées reçues, les idées données, les traditions, parfois... enfin, tout ce qui, peu ou prou, détermine les représentations que l'on se transmet au sein des familles.

Nous vivons tous, en effet, au sein de pensées dominantes, en général celles, enfant, de nos parents et de notre entourage, pensées et représentations souvent renforcées au cours de l'enfance et de l'adolescence, et contre lesquelles le combat est parfois difficile...

Entendons-nous bien, toutes les représentations ne sont pas des malédictions, loin de là et heureusement. Dans ce que nous aprenons de nos parents, il est beaucoup de bonnes choses, mais parfois se glissent dans nos esprits des représentations tordues, fausses, empêcheuses de vivre normalement, de vivre bien, voire de vivre tout court, comme si celles-ci s'imposaient à nous sans qu'on n'y puisse grand-chose.

Tu verras, la grossesse est quelque chose de terrible... Tu verras lorsque tu auras des enfants... Tu verras, la vie de couple, ce n'est pas facile... Prépares-toi à souffrir pour l'accouchement... La vie est un combat... Le sexe, c'est sale (enfin, on ne dit pas ça, mais on le laisse entendre) La retraite ? On croit que c'est bien, mais en fait on s'ennuie à en mourir... Tu sais ma fille, ne fais jamais confiance à un homme, ce sont tous des cons... Fais attention mon fils, les filles n'en veulent qu'à ton argent... Ne te marie jamais... La vie n'est pas un long fleuve tranquille... Les garçons ne pensent qu'au sexe...La vie est un combat de chaque jour... Méfie-toi des gens, ils ne sont pas tous honnêtes... Les garçons ? Ils sont terribles, vaut mieux avoir des filles... Bon, je vais m'arrêter là...

Comme moi, vous avez certainement entendu l'une ou l'autre de ce genre de phrases, de celles qui, sous couvert éducatif, sous couvert d'apprentissage de la vie, sous couvert de transmission d'une certaine philosophie de la vie, entrainent parfois les enfants dans des représentations désastreuses.

La jeune femme qui sort de mon cabinet en a sans doute entendu plus qu'à son tour, de ce genre de phrases tueuses, qui lui font dire aujourd'hui, d'une manière quelque peu naïve mais très humblement, que dans les couples, il y a toujours un dominant, que le sexe, c'est sale, que on doit tout dire à sa propre mère...etc... Elle vit tellement avec ces représentations-là, maternelles, qu'elle est inacapable de vivre et de se projeter dans une vie conjugale pasible, inacapable de se penser «bonne» personne, incapable même de se donner le droit d'être heureuse.

Dans une lettre écrite à la fin de ma «Lettre pour une histoire inachevée», j'écris à Marie «Ne laisse pas tes filles penser que les hommes sont des cons»... Voilà, elle est là, la malédiction familiale, celle d'imprimer chez l'enfant et même chez le jeune adulte des représentations condamnantes, des représentations qui ne sont vraies que parce qu'on les dit vraies.

Ne nous y trompons pas, l'éducation, et simplement la vie, nos paroles, nos actes, impriment chez nos enfants une représentation de la vie telle que nous la percevons, nous, parents. Ce n'est pas négatif en soi, c'est le fondement-même de la parentalité... Sans doute cependant est-il profitable que nous soyons un peu attentifs à nos paroles négatives, à nos propos condamnants, et finalement à ce qu'on leur transmet de nos propres peurs, craintes, déceptions et «ratés» de notre vie à nous.

Les garçons de la famille se font tous avoir -par les femmes... aura été, pour ma part, la seule malédiction familiale contre laquelle j'ai dû lutter... et que j'ai cassée très vite... J'ai en effet compris assez tôt que si les hommes de la famille se faisaient «avoir» par les femmes, c'est qu'ils le voulaient bien, et qu'il n'y avait aucune fatalité dans la reproduction, au demeurant fausse, de cette représentaton familiale du rapport homme-femme.

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Mercredi 28 janvier 2009

Il y a quelques mois, j'avais écrit sur mon ancien blog un petit guide à l'usage des parents de bébé.

Pour répondre à la demande générale (oui oui, demande générale), je me lance aujourd'hui dans la rédaction d'un «petit guide à l'usage des parents d'ado».

Vos retours me seront précieux pour affiner mon approche, qui, bien que sérieuse, se veut humoristique et légère...

Aujourd'hui, nous allons définir ce qu'est un ado:

 

A comme Ado

Un ado est comme un enfant mais en plus grand, ou comme un adulte mais en pas fini. C'est dire si l'ado vit dans un autre monde, dit parrallèle -ou oblique, c'est selon- auquel ni l'enfant ni l'adulte n'a généralement accès.

Il y a deux types d'ado... les boutonneux et les pas boutonneux.

Dans les boutonneux, il y a deux types d'ado : les filles ado et les garçons ado.

Dans les pas boutonneux, il y a les mêmes deux types d'ado.

Contrairement à une idée reçue, être ado est obligatoire pour devenir adulte.

Un ado se reconnait aisément : Dans la rue, il est très grégaire et toujours branché -portable, mp3... A la maison, il n'est plus grégaire mais isolé des autres membres de la tribu familiale. Mais il reste branché (donc grégaire peut-être par branchement interposé).

L'ado se reconnait aussi à un tas d'autres signes que nous étudierons ensemble dans la suite de ce document.

Conseil : Se procurer un ado. Ce sera plus facile de l'observer si on en a un chez soi, enfin, sous la main, enfin... au moins de temps en temps.

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Jeudi 22 janvier 2009

Six ! Six aujourd'hui ! Six enfants, âgés de six à huit ans, dont les parents disent Je n'en peux plus, c'est un tyran. Six petits choux qui tyrannisent leurs parents, frères, sœurs, grands-parents, copains -enfin, copains-, collègues de CE1 ou CE2... Six couples de parents désireux de balancer leur enfant par la fenêtre, et pourquoi pas de les placer en institution tellement ils en ont marre.

Eh bien je vais vous dire : J'en ai ma claque. Je n'en peux plus. Je démissionne*. Je laisse tomber. Qu'ils se démerdent avec leurs enfants...

Ah ! Il est beau le temps de l'amour, du désir d'enfant, du sentiment que Nous ça sera pas pareil, du Nous, on fera différemment, du Je t'aimerai toujours. Il est beau, ce temps-là mais il est loin.

Oh que oui qu'il est loin, le temps où l'on disait NON à son enfant avec des gros yeux et tant pis si ça ne lui fait pas plaisir, Oh que oui qu'il est loin le temps où l'on lui disait File dans ta chambre sans s'en sentir coupable !

J'ai reçu aujourd'hui des parents trouillards, des parents à genoux devant leur môme de six ans, des parents incapables de dire NON, de dire MERDE. Je ne leur en veux pas (eh ! Je fais mon boulot de psy), mais en même temps je leur balancerais bien un coup de pied quelque part, pour qu'ils reprennent le pouvoir sur leur mioche, pour qu'ils osent affirmer et dire et jouer en vrai que ce sont eux les parents, bordel de merde...

Après on s'étonne que le gouvernement «réfléchisse» à la mise en fiches d'enfants de trois ans et à la mise en cage d'enfants de douze ans... Je ne me prononcerai que très peu sur ce sujet, mais quand même, quand je vois des mômes de six ans se choper un avertissement (véridique) -en CP- pour agression raciste, je me demande où va le monde. Enfin, où nous allons.

On refuse aux parents -presque... lisez les textes- le droit de punir leur enfant... La société s'en chargera vers douze ans...

J'imagine le dialogue :

Le juge (aux parents) : Mais vous n'aviez qu'à le tenir, l'éduquer, lui interdire...

Les parents : On a fait ce qu'on a pu... Il menaçait de téléphoner au 119 (Allo enfance maltraitée)

Le juge : Déjà à trois ans il mordait ses camarades de maternelle.

Les parents : On est bien allé voir le psychologue, mais il a dit que ça ne présageait en rien de son avenir...

Le juge : Vous auriez dû saisir la justice à ce moment-là... Il y a des établissements, pour les enfants difficiles...

Les parents, la société, les opposants : On ne va quand même pas enfermer un gamin de trois ans pour délit de morsure ?

 

Eh bien je vous le dis... On est pas très loin de ce genre de choses...

Que les enfants soient «justiciables» à trois ans -et même à quatre- est une aberration.

Qu'on empêche les parents, par pression politique, médiatique, psychologique, de «punir» leur enfant est une aberration.

Qu'on fiche les enfants «potentiellement futurs délinquants» est une aberration.

Mais que des parents laissent leur enfant devenir un tyran m'est insupportable.

 

Je lancerais bien une pétition : Parents, nous avons le droit de punir. Parents, nous avons le droit de ne pas nous faire mener par le bout du nez par nos enfants. Parents, nous avons le droit le devoir d'éduquer nos enfants, y compris parfois dans la contrainte...

Bon, je sais que je me ferais avoir, alors je ne lance pas de pétition...

Ceci dit, j'aimerais rendre aux parents le droit d'être parent, le droit d'être éducateur, le droit de dire NON, le droit de n'être pas d'accord, le droit de ne pas offrir la dernière version Pé-esse-X à leur enfant, le droit de lui dire Non, c'est pas possible, pas de fric cette année, le droit de dire un tas de choses que la bienséance m'oblige à taire....

La jouissance d'un enfant qui tyrannise ses parents est extrême... (Eh ! Moi, petit de six ans, j'ai CE pouvoir sur eux de les faire plier à mes désirs !), mais elle est aussi anxiogène : Si je peux faire de mes parents ce que j'en veux, comment seront-ils là si j'ai besoin d'eux ?

Ne laissons pas nos enfants prendre le pouvoir...

C'est ce qu'ont fait six couples de parents dont j'ai rencontrés les enfants aujourd'hui... Et je ne sais comment je vais faire pour leur faire passer ce message...

 

 

*Non, ce n'est pas vrai.(que je démissionne)

Ps ajouté le 4 décembre à 14 heures : Allez lire le témoignage de Kaliuccia. Fort!


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Jeudi 22 janvier 2009

Il y a trois moments difficiles dans une thérapie... enfin, peut-être trois moments plus difficiles que les autres... plus délicats à négocier.


    Le premier, c'est lorsqu'on téléphone ou qu'on se rend pour la première fois chez son psy.    

    Hou ! Dur, ce moment-là... Tellement difficile que souvent on ne le fait pas. Ou qu'on remet à plus tard. Lors de leur première consultation, il n'est pas rare que la personne me dise « Oh, ça fait longtemps que je pense venir vous voir... » (?)... « Au moins un an »... parfois deux, voire trois ! Mais c'est tellement difficile qu'ils remettent à plus tard.

    Les gens attendent d'avoir vraiment mal pour consulter. Ils attendent d'être vraiment mal que parfois c'est tard. Pas « trop tard », mais tard.

Le couple a laissé la situation s'agraver, les parents ont cru que leur enfant allait s'en sortir seul, la femme a cru que son mari s'arrêterait un jour de boire et de lui taper dessus, comme ça, par enchantement... 

    Alors ils attendent....   mais ils viennent. (Je ne rencontre que des gens qui viennent me voir).

    Et je leur dis, à la fin de la première consultation, qu'ils ont fait déjà 50% du travail. Parce que c'est vrai.



    Le deuxième moment difficile, dans une thérapie, c'est celui où la personne sent qu'elle ne peut plus échapper à sa vérité.

    On est fort pour « tourner autour du pot » ! Certains tournent pendant des mois. Comme ce jeune homme qui vient me voir un jour « parce que je suis pas bien dans ma peau »... Pendant six mois, chaque semaine, il me parle de ses difficultés à être avec les autres, à se trouver sa place, pendant six mois il se cherche (ou il me cherche), pendant six mois il se plaint, il accuse les autres. Et puis un jour, dans un flot de larmes et de colère, il me dit « Je suis homosexuel ».

    Voilà, c'était dit. Nous étions deux, lui et moi, à savoir. C'était je crois ce qu'il voulait me dire la première fois, mais il a fallu six mois pour le faire.

    C'est juste avant cette deuxième épreuve, juste avant ce deuxième moment difficile, que beaucoup arrêtent leur thérapie. Comme si (mais c'est vraiment) c'était trop dur. Trop dur de se regarder en face, et d'accepter le regard de l'autre, représenté par le psy que je suis.


    Le troisième et dernier moment difficile dans une thérapie, c'est lorsqu'il faut dire « au revoir » à son psy pour la dernière fois.

     Rencontrer un psy, c'est construire une relation particulière avec lui. Il n'est pas toujours facile d'abandonner cette étrange habitude du rendez-vous chaque mardi à 15 heures... Et certains retardent ce moment-là du dernier rendez-vous. Vais-je pouvoir vivre sans lui? Vais-je pouvoir vivrte sans cette sécurité-là de pouvoir dire quand ça ne va pas? Et si je n'étais pas allé au fond des choses? Et si, et si...

    C'est pourquoi je dis toujours à mes patients, la dernière fois, sans espérer qu'ils aient encore besoin de moi, que je reste à leur disposition, et que si dans trois semaines, trois mois ou trois ans, ils ont besoin de me revoir, ils savent où me trouver.

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Mercredi 21 janvier 2009
Dans la vie d'un psy, comme, je suppose, dans la vie de tout autre professionnel, il y a des "moments inoubliables". De ceux qui, lorsqu'on s'en rappelle, vous envahissent d'une grande émotion, voire, en ce qui concerne celui d'aujourd'hui, vous procure une immense joie.

L'histoire est la suivante :
Une maman vient me voir un jour, très ennuyée, car son mari est en prison, et elle fait croire à son petit garçon de 7 ans que son papa est parti travailler loin, à Dakar, plus précisément. C'est la seule explication qu'elle a pu donner à son fils quant à l'absence de son père.
Mais Noël arrive, et si la situation est à peu près tenable depuis quatre mois, elle devient proprement intenable à l'approche des fêtes.
- Mais papa, il va revenir, à Noël ?
- Ben, tu sais, il travaille loin, en Afrique...
Et ce petit garçon accepte cette réponse, pensant, comme dans une certaine imagerie populaire, qu'en Afrique il n'y a que des cases, et pas d'électricité, pas de téléphone, et pas d'internet, bien sûr !

Mais un jour, à la télé, il voit un reportage sur Dakar, là où vit et travaille son papa. Et Dakar, c'est une grande ville, avec des voitures, des ordinateurs, des immeubles.... des tout-ce-qui-met-par-terre-ce-que-maman-lui-a-dit...
Alors ce petit garçon continue à poser des questions, et à en proposer à sa maman. Dakar, c'est loin, mais si papa travaille, il gagne de l'argent, donc il peut revenir à Noël... Mais s'il travaille vraiment beaucoup, c'est vrai qu'il n'a pas le temps de nous écrire et de venir nous voir à Noël...

Et de mensonges en sur-mensonges (pour confirmer les mensonges), la maman s'est enfermée dans un discours de plus en plus délicat à maintenir.
Elle vient donc me voir, pour que je l'aide à dire à son garçon que son papa n'est pas à Dakar, en Afrique, mais en prison. Il en a pris pour 20 ans... pour avoir abusé de ses deux filles, plus grandes.

Alors je demande à cette maman de venir avec son petit garçon... et les voilà tous les deux, là, assis en face de moi, elle, très anxieuse (on le serait à moins), lui, complètement perdu tant il ne sait pas ce qu'il fait là.

Nous parlons de choses et d'autres, puis du papa, qui "travaille en Afrique"... et, à un moment, j'interpelle la maman... C'est le moment, il faut le lui dire...

(Et j'ouvre une parenthèse... Le sentiment que j'ai à ce moment est celui d'être dans un film. Vous savez, quand, téléspectateurs, nous savons, nous, que le type au coin de la rue va agresser la femme qui se promène tranquillement... Ce sentiment qu'il y a un "avant" et un "après", ce sentiment que dans quelques instants, la vie ne sera plus jamais la même pour cette dame, et là, en face de moi, pour ce petit garçon...)

Alors la maman se lance : "Tu sais, papa n'est pas en Afrique....  je savais pas comment te le dire...mais........................... il est en prison..............."
Le petit garçon est devenu tout blanc, il a regardé sa maman, et... lui a dit, naturellement, avec la force de celui qui sait : "TU LE SAVAIS ?".

Silence. Respect. Interrogation. Secret brisé. Secret partagé. Secret protecteur.... Et larmes de bonheur !

Ce petit garçon savait que son papa était en prison, mais pensait que sa maman ne le savait pas, pensait que sa maman pensait vraiment qu'il était en Afrique... Ils se protégeaient tous deux réciproquement... pour ne pas faire de mal à l'autre...

J'ai demandé à ce petit garçon s'il voulait voir son papa. J'ai téléphoné au juge... et ce petit garçon de 7 ans a pu aller rendre visite à son papa le lendemain à la prison de B...

Ma gorge se noue lorsque j'écris cette histoire. Si dans ma vie de psy je n'avais "servi" qu'à libérer cette parole-là, j'aurais rempli mon contrat.

Car mon boulot, c'est bien cela... aider à faire en sorte que les personnes qui consultent puissent "dire" leurs "choses"...
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Jeudi 15 janvier 2009
Je vais vous raconter...

Le désir est quelque chose. Sa renonciation aussi.

1987. Je vais voir un ami. Camille il s'appelle. C'est un vrai ami, un vrai de vrai, de ceux que l'on se dit que c'est un frère, un vrai.

Mais voilà... J'arrive en pleine crise de couple. Camille et sa femme (et j'avais été son témoin lors de leur mariage) sont en froid.
Pour je ne sais aujourd'hui pour quelle raison, je me prends d'alliance pour elle. Pas pour lui. Et comme en tant que psy je suis investi de la mission de les réconcilier, et que c'est elle qui "déconne", ce couple, sans me le dire vraiment mais tout en m'y invitant, me pousse à passer la soirée avec "elle".
Sortie vers 19 heures. Ballade dans les rues de Toulouse. Confidences. Et peu à peu désir. Désir par moi d'elle. Désir par elle de moi. Désir de nous. Soyons clair, désir de faire l'amour. Désir de prendre une chambre d'hôtel pour s'embrasser, de caresser, se faire du bien... Désir de se trouver, de s'accompagner bêtement dans nos souffrances d'amour. Moi seul. Elle seule dans son couple en fiche.
On en a parlé. On se l'est dit. On s'est dit notre désir. Notre envie. Mais l'on s'est dit aussi notre respect pour lui, mon ami, son mari, Camille.
Il était 4 heures du matin lorsque nous sommes rentrés chez eux... Nous avions marché pendant 8 heures dans les rues de Toulouse, sans manger,sans boire, sans s'arrêter, sans se coucher dans une chambre d'hôtel...
Camille nous a accueilli à coup de pieds, certain que nous avions eu une "relation". Camille était mal, ce soir-là, cette nuit-là, convaincu qu'il  avait perdu sa femme. Il m'a insulté, haï, jeté dehors...
Il l'a perdue, sa femme. Il se sont séparés et ont divorcé quelques mois plus tard.

Ce dont je voulais témoigner, c'est de la possibilité qui nous est offerte de toujours dire non (oui, aussi de dire oui).
Cette femme, je la désirais. Physiquement. Sexuellement. Je la désirais et elle me désirait. Mais parce que nous aimions tous deux le même homme -avec des amours différentes-, nous avons su et pu faire fi de notre désir...

J'en retiens que parfois, malgré le désir, malgré les désirs, malgré ou avec ces pulsions quasi-animales mais ô combien humaines qui nous assaillent, nous sommes parfois, souvent capables de faire face, de nous contrôler, de nous comporter comme des gens civilisés, comme des hommes civilisés, j'allais dire humains, tout simplement humains.

Le désir est quelque chose de quasi-incontrôlable. C'est comme l'amour, ou plus généralement l'affection. Toujours cette rivalité raison/désir !
Je pense savoir qu'il est difficile de contrôler ses désirs (surtout s'ils sont partagés)... Mais je crois cependant que cela est possible. Au nom de raisons "supérieures", qu'elles soient morales, ou spirituelles, ou réelles.

P... qu'est-ce que  j'avais envie d'elle !
Par Psyblog - Publié dans : Moi perso
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Mercredi 14 janvier 2009

Lacher la selle

Des parents viennent me voir...

"Il ne veut pas grandir", disent-ils à propos de leur fils. Celui-ci a 10 ans, ou 15 ans, parfois 20 ans.
Leur fils est irresponsable, disent-ils, il ne connait pas la valeur de l'argent, il ne participe à rien, il ne fait rien à l'école si on est pas derrière lui, il n'a pas de copains...
Tout cela désole les parents. Et le fils en question qui, quand je le rencontre en solo, me parle de non-confiance de ses parents, de leur propension à le considérer comme un petit, qui ne le laissent rien faire tout seul, etc.

Alors je dis aux parents : "Lacher la selle"...

Et j'explique :  Tous les parents ont appris à leur enfant à faire du vélo de la même manière. L'enfant pédale, et le parent court près du vélo en tenant la selle. Jusqu'au jour où le parent lâche la selle...

Si l'on veut que notre enfant apprenne à faire du vélo, il faut, à un moment, lâcher la selle, quitte à ce notre enfant se plante 3 mètres plus loin.
Si on ne lache pas la selle, notre cher petit ne saura jamais faire du vélo.


Il en va de même pour l'apprentissage du laçage des chaussures, de la gestion de l'argent (... de poche si on lui en donne), la gestion des devoirs à la maison, ou, un jour, de l'apprentissage de la conduite automobile.

On ne peut pas demander à un enfant de grandir et en même temps faire à sa place.
On ne peut pas demander à un enfant d'être responsable si on ne prend pas le risque qu'il fasse de sa responsabilité... ce qu'il en fait, si on ne prend pas le risque qu'il en fasse quelque chose qui nous déplait...


En d'autres termes, "faire à la place de" n'a jamais amené au "faire".

Alors, certains parents lachent la selle, d'autres hésitent ("et si il tombait ?"), d'autres encore refusent (ils ont vraiment trop peur pour leur enfant).
Et parmi ces derniers, certains aimeraient que leur enfant... grandisse !

Par Psyblog - Publié dans : Réflexions - Communauté : Psychologie quotidienne
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Mercredi 14 janvier 2009

C'est une injonction très fréquente chez les parents, surtout chez les parents qui ont  des enfants qui ne rangent pas leur chambre -oui oui, ça existe. C'est un ordre encore plus fréquent chez les parents d'adolescents... Et parfois ça pourrit les vies... des ados et de leurs parents.

J'ai rencontré cet après-midi une famille, enfin, une partie de famille (mère + fille)  chez laquelle de nombreux conflits tournent autour de ce «ranger de chambre»...

Alors je pose la question : La relation familiale vaut-elle -dans sa difficulté- qu'on y sacrifie le rangement de chambre ?

C'est comme cette mère qui me dit un jour : Vous vous rendez compte ? Tous les soirs, je me bats avec mes enfants pour qu'ils se mettent en pyjama avant le diner / Oui ?  C'est la bagarre tous les soirs ! / Oui ... Et si vous les laissiez ne pas se mettre en pyjama ?... Elle m'a dit que ce serait pas possible... qu'elle tenait à ce que ses enfants soient en pyjama pour diner... Je lui ai conseillé de ne plus rien dire, pyjama ou non, et quinze jours plus tard, elle venait me dire que ses enfants se mettaient en pyjama tout seul sans qu'on leur dise rien....

Alors, la chambre ?

D'abord, bien comprendre que la chambre est l'univers de l'enfant. C'est son «chez lui», son «à lui». Ensuite, se poser la question : Pour qui pour quoi demande-t-on à notre enfant de ranger sa chambre ? Pour nous ou pour lui ? Si c'est pour nous-soi, autant réfléchir sur le pourquoi on lui demande cela. Si c'est pour lui, je voudrais rectifier une idée reçue : Un enfant bordélique ne fera pas forcément un adulte bordélique. Et quand bien même !

Je suis bien conscient que l'on veut façonner nos enfants tels que nous voulons les façonner, c'est à dire à notre image. Ce que nous oublions, nous, parents, c'est que nos enfants sont tels qu'ils sont, bordéliques ou pas, et que nous n'avons comme seule arme que l'exemple que l'on peut leur donner et les conséquences responsables de leur «bordel».

On a le droit, en tant que parent, d'édicter des règles... à condition que celles-ci soient raisonnables. Et de différencier les besoins éducatifs légitimes des exigences exagérées. Si les règles éducatives sont dictées par les idées névrotiques des parents, autant laisser tomber. Quand cette femme reçue cet après-midi me dit qu'elle (et je souligne) ne supporte pas que la chambre de sa fille de 15 ans soit en «bordel», c'est de son propre désir de rangement ou de propreté dont elle parle, pas d'éducation.

Je me fais ici le défenseur des enfants et des ados qui sont sujets, ou plutôt objets, des tendances névrotiques de leurs parents... Après tout, qu'est-ce que ça peut faire -à vous... à nous, parents- si la chambre de notre enfant est en bordel...  ?

La chambre d'un enfant, c'est SA chambre, SON univers, et j'allais dire l'expression de lui ou d'elle... Alors n'en voulez pas trop à votre enfant si il ou elle ne range pas sa chambre... Je suis certain que si vous le/la laisser gérer sa chambre / et donc sa vie... il/elle fera ce qu'il faut... même pour vous faire plaisir...

Ce qui est terrible, dans ces affaires de conflits familiaux à répétition, c'est qu'ils démarrent la plupart du temps sur des -pardonnez l'expression- conneries. L'enjeu du respect de la règle ne devient plus l'éducation, mais le conflit, l'exercice du pouvoir et du contre-pouvoir. Il me semble aberrant, triste, moche, et pour tout dire désolant, que des relations familiales somme toute «normales» soient gâchées par des enjeux qui ne sont pas éducatifs.

Bon, j'écris, j'écris, mais la chambre de mon gamin est en bordel... va falloir qu'il me la range vite fait, sinon, ça va barder... Non mais... c'est qui qui commande, ici ?
Par Psyblog - Publié dans : Education
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Lundi 22 décembre 2008
Voilà, j'arrive d'ailleurs...
La plate-forme de blog que j'utilisais avant ne me convient plus...
J'essaie celle-ci.

Je suis psychologue.
Je suis "blogueur" depuis un an et demi.
J'ai mis en lien mon ancien blog.
Et je continuerai comme avant... à dire, à redire, à dire mes réflexions sur la vie, les gens, les patients que je reçois (dans le plus strict anonymat), la grande histoire et les petites, toutes celles qui donnent sans doute à réfléchir.
Et puis comme je ne suis pas qu'un psy, je parle aussi de moi et de ma vie... de psy et d'homme.

Je suis tout nouveau ici... Je ne sais pas bien comment ça marche... mais voilà, c'est fait, je suis là...
Je suis aussi sur msn, de temps en temps, toujours disponible aux rencontres (psyblog@live.fr), toujours disponible pour vous filer un coup de réflexion et de main si besoin...

Ma vie privée ? Elle est heureuse. J'ai six enfants, dont quatre faits-maison... Et j'aime et suis aimé...

Je vais commencer, pour me faire connaitre auprès de vous, par peut-être republier mes notes que j'avais écrites sur mon autre blog... et peut-être même "aspirer" toutes mes notes d'un coup si je trouve comment faire et si je me sens bien ici...
.
Merci de m'acceuillir dans votre coin de blogosphère...
Psyblog
Par Psyblog
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Lundi 22 décembre 2008

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