Devant les interrogations suscitées par la première partie de ping-pong, et à votre demande, je reviens préciser ma pensée...
1 - Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas jouer au ping-pong.
Je pense seulement que le ping-pong est une méthode souvent inefficace pour régler un conflit, et que ça ne fait qu'en créer un autre.
Se défendre contre l'évidence ne sert à rien.
Un exemple : Samedi, une de mes clientes me fait part de l'intrusion grandissante de sa belle-mère dans sa vie de famille. En visitant la chambre du bébé à venir, cette belle-mère, toujours en marche vers les reproches, dit à sa belle-fille "tiens, vous avez peint les plinthes de la même couleur que les murs" ? Elle dit le dit pas, mais trouve cela de très mauvais goût.
La réponse ping-pong aurait été "Oui, ça ne vous plait pas" ?, ou "de toute façon, vous n'aimez rien de ce qu'on fait", ou encore "c'est pas votre chambre, vous n'avez rien à dire"...
La réponse "non ping-pong" est de dire "oui, on trouve ça joli".
La réponse ping-pong ne peut amener qu'au renchérissement de la part de celui qui la reçoit. La réponse non ping-pong amène le plus souvent l'échec de la tentative d'agression.
Je rappelle quand même que tout agresseur attend une agression en retour pour mieux avoir l'accasion d'agresser encore.
2 - Ne pas jouer au ping-pong ne signifie pas non plus "dire oui tout le temps" (référence au commentaire de "Une place pour moi (voyage sur soi)"... Il ne s'agit pas de ne pas s'affirmer, ni de se faire manger la laine sur le dos.
Il s'agit justement de s'affirmer, d'affirmer sa pensée, ses opinions, mais d'une manière différente, sans entrer dans le jeu de l'autre, sans justifications inutiles et sans fin.
Prenons l'exemple de ce garçon de 11 ans qui porte un nom difficile à porter (je vais inventer un peu) : Brouette. Il s'appelle Patrice Brouette. Les autres garçons de sa classe se fichent de lui : "Alors, brouette, ça roule ?", "Oh, tu l'as mise où, ta roue d'secours" ?, "eh, Brouette, viens par ici, on a un truc lourd à transporter"... "et ton père, il a deux bras, aussi" ? Ce garçon se fait charrier à longueur de journé, d'autant plus qu'il se défend comme un beau diable : "mais arrêtez... ouais, et toi, ton père... et toi, Poisson (autre nom pas toujours facile à porter), retourne dans ton bocal"... Il se défend tellement bien... que les autres n'arrêttent pas. Réponse ping-pong. Inefficace. Ca finit systématiquement en bagarre, cris, pleurs. Deux fois il a fugué du collège...
Alors je lui ai suggéré de porter son nom comme un drapeau : "Je m'apelle Brouette et j'en suis fier".
Ainsi, aux attaques sur son nom, de répondre "Oui, je m'appelle Brouette..." Il peut même ajouter quelque chose du style "Oui, je n'ai qu'une roue, Non, oui, dans la famille on n'a tous qu'une roue, oui mon père, déjà, tout petit, il s'appelait Brouette, oui..., oui..., oui".
Ne pas se défendre... et même en rajouter si possible.
Ce jeune garçon, en ne jouant pas au ping-pong, à fait taire les agressions dont il était victime. L'autre n'agresse plus si son agression ne porte pas.
Il ne s'agit pas d'obéir, de se taire, de ne pas s'affirmer, il s'agit, lorsqu'on est agressé (ou qu'on se sent agressé), de répondre d'une manière différente de celle attendue par l'agresseur. Il s'agit de le surprendre.
Est-ce que j'ai été plus clair ? Hummm ! A vous de me dire.
oui ainsi c'est plus claire (c'est aussi grâce aux exemples, on sous-estime toujours la valeur pédagogique de l'exmple !!!)
Cela dit, ce qui se passe souvent pour moi c'ets que lors d'une conversation je réponds d'instinct et après coup je me dis j'aurais du dire ça ou ça , ou pas comme ça.....
D'où l'intérêt de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, apprendre à réfléchir d'abord et parler ensuite !!!
(mais en fait pour être totalement honnête je crois que je suis plus souvent dans le rôle de celle qui agresse que l'inverse....donc note pour plus tard me calmer pour essayer !!!)
Merci.
Rédigé par : Etoile25 | 23/04/2007 à 11:54
Je n'ai pas lu la première partie mais tout cela me semble très clair ! effectivement un agresseur n'attend qu'une chose, la réponse en face pour revenir à la charge, alors s'il est dérouté par une réponse inattendue, (un sourire sur une insulte.....)l'agression perdra tout son sens et n'aura plus lieu d'être.
Je reviendrais encore ;-))
bises et merci
Rédigé par : svet' | 23/04/2007 à 11:59
ps) j'ai résumé ! ça ne veut pas dire que j'aime me faire insulter ;-)) non je pense simplement que lorsqu'on prend de la distance avec les propos ou gestes d'un "agresseur", en portant éventuellement à la dérision ses actes, en y apportant un intérêt moindre, en ne répondant pas...on évite l'amorce d'un conflit bien plus important, ce qui ne veut absolument pas dire qu'on est dans l'acceptation de son comportement, mais simplement qu'on le détourne de son objectif...Ce n'est certe pas facile à faire ! et puis tout dépend "de l'agression", et la colère nécessaire et bénéfique, elle aussi, peut et doit parfois faire réagir autrement.....bon vaste débat pour moi. J'en ai trop à écrire là dessus, et je ne peux le faire en un simple commentaire qui ne résume que le superficiel....
re* je reviendrais ;-))
Rédigé par : svet' | 23/04/2007 à 12:06
Oui plus clair là, et nous adhérons plus aisément.
Rédigé par : lomi lomi | 23/04/2007 à 12:14
En tout cas, faut d'abord être assez solide pour se ne pas s'effondrer devant l'autre.
Il y a beaucoup de façons d'agresser quelqu'un.
L'exemple du patron qui demande l'impossible, c'est parfois une façon de dominer, d'agresser.
Je sais pas quoi répondre à une autorité. Me sens impuissante, comme une enfant avec ses aprents.
Carole
Rédigé par : Uneplacepourmoi (Voyage en soi) | 23/04/2007 à 12:16
oui... oui
par contre, le coup d ela reformulation que propose Benoit, moi je ne me vois pas le faire avec des gens abusifs... ce serait une autre porte ouverte à leurs exigences, il me semble.
par contre, l'exemple du nom, j'y adhère : c'est exactement ce que je fais, je fais un jeu de mot avec, les gens me regardent interloqués, rient avec moi et jamais plus ils ne font ce jeu de mot... mais peut-être parce que pour moi c'est un nom d'emprunt (de mon ex mari) et qu'il n'y a pas d'affectif dedans, c'est sans doute plus simple.
merci de ces pistes intéressantes
Rédigé par : vero | 23/04/2007 à 15:44
Super cette note!
:-)
Tu me donnes des idées, et me donnes envie d'en chercher.
(Des idées de quolibets, bien sûr) (non, je rigole).
:-D
Rédigé par : Peau | 24/04/2007 à 17:34
Le hasard, j'aime ce hasard. Je viens d'écrire que je m'en faisais beaucoup car j'allais de nouveau être parmi des personnes qui vont m'agresser, elles ont eu toutes les vacances pour y penser, pour me mater. Je fais un petit tour sur ton blog et hop, ce ping-pong, mais c'est ce qu'il me FAUT. Je vais même l'imprimer pour le mettre dans mon cahier et si je sens la colère monter...le lire . Bon cela a l'air simple mais quand on a de vrais pervers autour de soi... en tout cas je vais essayer. MERCI
Rédigé par : clairisa | 28/08/2007 à 16:10
Excellent ! Merci
Rédigé par : La fée saudade | 08/10/2007 à 12:04
J'ai aterri sur cette note passée par le biais du blog de Marie-lo...
ca me rappelle un tas de truc que j'ai lu sur la communication non violente.
En effet, refuser de jouer la partie de ping pong peut déstabiliser l'autre dans sa tentative d'agression et on en resort beaucoup moins amer et blessé. Voire même gagnant. Le problème c'est qu'on n'a pas du tout appris à régair comme ça et que ça demande du temps et pas mal de travail pour changer sa façon de fonctionner...
Rédigé par : Mme toutlemonde | 09/10/2007 à 13:14
Oui, ça demande du temps et du travail... car "on" ne nous a pas appris à réagir ainsi...
Le but n'est pas par ailleurs de "gagner" sur l'autre, mais de gagner sur la relation tordue avec l'autre.
Nous jouons tous des jeux, que nous le voulions ou non. Et il y a des jeux plus destructeurs que d'autres, moins efficaces pour la résolution des problèmes, plus "abimants" pour chacun des joueurs.
Ceci dit, jouer au ping-pong est très jouissif, surtout quand on veut essayer d'écraser l'autre... On est très fort, en tant qu'humain, pour jouer à des jeux de rivalité... Comme si notre vie tournait parfois autour d'une seule envie : Tuer l'autre pour exister.
Tant que les uns et les autres nous n'aurons pas compris, dans le fond du fond de nous-même, que nous pouvons exister, vraiment exister en collaboration avec l'autre, et pas en collaboration CONTRE l'autre, nous continuerons à jouer au ping-pong...
Mais peut-être est-ce cela, l'amour... Exister auprès de l'autre qui existe auprès de nous sans qu'il soit question de rivalité, de domination, d'interdiction ou de soumission...
Maintenant, il faut peut-être du temps dans une vie pour comprendre cela. A vingt ans, je savais très bien jouer au ping-pong. Et elle aussi. Et nous jouions souvent... A trente je jouais encore un peu. Et à quarante, après avoir perdu plusieurs parties, après m'être surtout rendu compte que c'était un jeu épuisant, je me suis arrêté de jouer. Et j'ai rencontré une femme qui avait, aussi, arrêté de jouer à ce jeu débile lorsqu'il qualifie la relation entre deux personnes qui disent s'aimer.
Alors maintenant nous jouons à d'autres jeux, bien moins fatigant, et bien plus agréable.
Bon, j'espère que la Fédération Française de Ping-pong ne m'en voudra pas d'utiliser son sport pour illustrer une des relations humaines le plus courantes.
Rédigé par : psyblog | 09/10/2007 à 13:40
Depuis toute petite, j'ai su renvoyer les balles de ping pong avec humour et en principe la balle ne revenait pas (et si elle revenait une deuxième fois, c'est certain que je ne l'ai jamais vu revenir une 3ème fois). Sans doute la situation qui m'a appris à faire des revers. A l'époque je n'avais pas conscience d'avoir mis au point une défense.Avec le recul, je m'en félicite. Je trouve que la parade de l'humour me permet de dépasser pas mal de situations, de désormorcer. Les situations les plus morbides, les plus angoissantes peuvent virer au fou rire.. L'humour est un très beau cadeau que je me suis fait.. et alors que je voudrais transmettre ce cadeau à ma fille (qui s'en prend pas mal dans la tronche), je n'y arrive pas. Est ce moi qui n'ais pas la manière d'offrir ou bien ma fille qui ne sait pas accepter... Je me demande du coup comment apprendre l'humour à quelqu'un ? il faudrait s'entrainer ? par des jeux ? comment ? j'évite de faire de l'humour avec ma fille car il me semble qu'elle ne le comprends pas. Ca ne passe pas, elle le prend mal. Je voudrais qu'elle apprenne à prendre à la rigolade les agressions qu'elle subit parce qu'en fait, ce n'est rien de grave, des trucs de son age. J'essaie de lui dire que ce ne sont que des mots et que des mots ne peuvent l'atteindre que si elle les accepte comme "vrais" mais non ... Alors je me dis qu'elle va bien arriver à trouver une parade toute seule. Ce sera SA parade. Que faire ? m'inscruster ou laisser faire ? Je ne voudrais pas qu'elle apprenne à jouer au ping pong mais je voudrais encore moins qu'elle n'apprenne qu'à garder la balle. Remarquez elle peut ne pas la renvoyer mais ne pas la garder en l'envoyant ailleurs ou à quelqu'un d'autre ! oups ! je me rends compte qu'elle le fait déjà, elle me l'envoit en pleine tronche alors qu'au départ je n'étais pas dans le jeu ... C'est ça sa parade ? oh mince !
J'aime bien passé ici parce que ça m'aide à me rendre compte de certaines choses au fur et à mesure que j'écris LOL. Tu me diras que je n'ai qu'à écrire ailleurs mais non..ça ne marche pas. Le fait de savoir que j'ai un spy qui lit (meme s'il ne lit pas) ça me rassure et me fait avancer. Tiens tant qu'à pas lire, autant que j'aille au bout de ce que j'ai remarqué LOL : J'allais voir un psy à une époque.. Quand je ressortais du rendez vous, je trouvais qu'elle m'avait vachement aidé (je "pétais" la forme, j'étais rechargée à fond) alors que bavarde comme je le suis, je ne lui avais pas laissé le temps de placer un mot lol. Bon l'essentiel c'est que j'avançais !
En conclusion : bonne journée pour moi... Ma fille en m'agressant me passe la balle qu'elle a reçu de quelqu'un d'autre ?? .. bon la balle est dans mon camp et ché pas quoi en faire LOL.. faut que je réfléchisse ! en attendant je vais l'envoyer contre le mur d'une main, des deux mains, sur un pied, des deux pieds, parlant, sans parler, tapette, double tapette...pfff à mon âge, quand meme !
Rédigé par : Gin | 05/05/2008 à 09:54
Bien sûr que je te lis...
Rédigé par : psyblog à Gin | 05/05/2008 à 10:09
Re-bonjour Psyblog. J'aime bien cette note (comme beaucoup d'autre mais je n'ai pas commenté), mais je me demande : Avez-vous trouvé des dénominateurs communs chez les gens qui réussissent à éviter le ping pong ? A faire de l'humour sur eux-même, à intégrer l'auto-dérision comme manière d'être ?
J'ai l'impression que la manière dont on a vécu certaines choses dans son enfance modifie profondément notre capacité à renvoyer la balle/garder la balle et en souffrir/jeter la balle au loin avec humour/ou d'autres possibilités qui font la richesse des relations humaines.
Mais je me questionne toujours sur ces déterminants, et sur les outils qu'on peut proposer aux gens qui en souffrent. Si vous avez des éléments de réponse, je suis preneuse... :)
Rédigé par : Marie | 11/12/2009 à 19:54