Aujourd'hui je veux rendre hommage aux jeunes filles...
Je reçois en ce moment en consultations un certain nombre de jeunes filles (13-16 ans) tout à fait extraordinaires. Non que leur histoire le soit, ni leur problème, mais elles sont extraordinaires par la capacité qu'elles ont, chacune, de réfléchir à leur situation... Je dirai qu'elles ont compris ce qu'est une tranche de thérapie.
Que dire de Samantha (je trahis les prénoms, bien entendu) qui, en quelques séances, retrouve presque l'usage de ses jambes, qu'une maladie évolutive rend malades... et qui depuis quelques semaines, va presque tous les jours au lycée alors qu'elle n'y allait presque plus ?
Que dire de Sylvianne, qui avait il y a peu tellement peur des voitures qu'elle n'allait plus au lycée non plus... et qui aujourd'hui peut même aller seule, en voiture, dans une grande ville ?
Que dire de Frédérique, qui, après avoir été violée, peut aujourd'hui presque sereinement envisager de bonnes relations (y compris sexuelles) avec son petit copain ?
Que dire encore de Sabrina, qui il y a quelques semaines encore ne pouvait pas accepter d'être réglée, et qui aujourd'hui accueille ses règles avec sérénité et plaisir d'être une femme ?
Que dire de Sandrine, que le suicide de sa copine (à 14 ans), a rendu momentanément dépressive ?
Que dire, sinon que toutes ces jeunes filles ont en commun la farouche volonté de vivre, de comprendre, de saisir la main tendue d'un professionnel, faisant fi parfois du qu'en dira-t-on des copains-copines, très fort(e)s pour leur dire qu'aller voir un psy, c'est être fou/folle...
Ces jeunes filles ont compris, jeunes, qu'il ne suffisait pas, parfois, de laisser passer le temps, qu'il ne suffisait pas, parfois, d'attendre que les souffrances s'apaisent toutes seules... Elles ont compris que les aventures psychiques sont des voyages parfois malsains à l'intérieur de soi-même si on les fait seuls, elles ont compris surtout qu'en face de certaines souffrances, il ne fallait pas rester seul, au risque de se noyer, de se perdre, et, paradoxalement, de s'y complaire parfois.
Elles osent (se) regarder en face, se dire, et dire. Elles osent affronter leurs démons, leurs peines, affronter les réalités de ce qu'elles sont, font, pensent.
Alors voilà, ce matin, je leur rends hommage... je leur dis "bravo", et, les yeux parfois mouillés, je leur dis MERCI... Merci de m'aider, moi, à mieux les comprendre et à mieux les aider.
Ces jeunes filles ont grandi sans le fardeau des tabous et des non-dits. Les expériences des autres puisque mises à plein jour les aident à mieux accepter les siennes. Elles se retrouvent beaucoup mieux dans leurs peaux...
Rédigé par : bakhta | 16/04/2007 à 11:58
C'est triste tout de même, toutes ces souffrances à un âge où d'autres questions devraient se poser.
Surtout des filles donc ? peu d'ado de sex masculins vont consulter ? y'a une raison ?
Je vais faire lire cette note à ma planeuse, presque 15 ans et suivie depuis 6 ans maintenant ...
Merci pour cette très belle note porteuse d'espoir.
Rédigé par : k li | 16/04/2007 à 11:58
A K li
Oui, c'est triste à cet age-là de vivre de telles souffrances...
Mais c'est ainsi. Ce que je salue chez ces jeunes filles, c'est leur capacité à en ouvrir le livre, à le lire, et ensuite à essayer de le ranger sur une étagère pour ne plus avoir à le trimbaler toute leut vie dans leur sac.
Quant à savoir s'il y a des jeunes garçns en consultation, oui, bien sûr, mais ce matin, c'est à ces jeunes filles que je pensais... un autre note viendra sur les garçons
Rédigé par : psyblog | 16/04/2007 à 12:33
Qu'est-ce que j'aurais aimé avoir la maturité de comprendre tout ça à 13 ans quand j'ai fait une ts!
Rédigé par : CHAOS | 29/05/2008 à 00:43
Affronter ses démons ... j'avais émis le souhait un jour, de rencontrer un homme qui avait affronté ses démons pour mieux les connaître et au mieux, pour les maîtriser.
Peut-être que ces jeunes filles, parce qu'elles sont jeunes, ont un pouvoir de résilience plus important ... qu'en penses-tu ? Cette hypothèse ne nie pas leur intelligence, je tiens à le préciser. Bises !
Rédigé par : BULLES °oO° | 24/04/2009 à 20:06
Certaines souffrances font parties de la vie et permettent aux etres humains de formés leur caractére.
mais ce que ces filles ont subit est dur et le fait d'en parler les à libérées le fait de se confier leur à permis de partager leur souffrance et donc de moin souffrir je le dit donc haut et fort mesdemoiselles bravo et bon courage.
signé une personne desireuse d'aider les autres
Rédigé par : sarah | 16/02/2011 à 09:33