Y suis-je pour quelque chose ?

Publié le par Psyblog

Il nous arrive dans la vie des événements déplaisants, voire destructeurs.    

Du rejet vécu ou ressenti par l'adolescent, de  l'agressivité vécue de la part d'une mère ou d'un collègue de travail à l'accident qui nous attache au fauteuil..., de la tyrannie d'un mari au sentiment de solitude, vient toujours la question de la responsabilité, voire de la culpabilité.

Si parfois il serait préférable de mettre à la poubelle cette culpabilité qui nous empêche d'avancer sereinement dans la vie, parfois celle-ci nous amène cependant, d'une manière constructive, à nous poser une bonne question.

 

Est-ce que, dans ce qui m'arrive, j'y suis pour quelque chose ? Est-ce que je peux, ou pourrais « jouer » un autre scénario que celui auquel je joue habituellement ? 

 

Prenons le cas de cet ado qui vient régulièrement consulter : Seul, se plaignant d'être rejeté, de ne pas avoir de copains, d'être mis de côté... et il ne comprend pas pourquoi. Il se dit (et se montre) sympatique, bon camarade. Il est bon élève, très bon élève, a de grands projets, et la conscience d'être « quelqu'un de bien ». Et c'est là que le bât blesse.

 A la question « Y es-tu pour quelque chose ? », il répond Non, c'est   les autres qui ne veulent pas de moi. Et puis un jour, difficilement, très difficilement, en se regardant honnêtement face à lui-même, il finit par dire Oui, peut-être...

 Ce jeune garçon avait une forte tendance à se considérer, non seulement comme « quelqu'un de bien », mais comme quelqu'un de « supérieur », considérant les autres -et je n'exagère pas- comme de la « merde »...

Cette attitude amenait les autres à le rejeter. C'est somme toute naturel. A force de considérer les autres comme de la merde, les autres l'ont aussi considéré comme de la merde. Il essaie maintenant, même s'il reste assez imbu de sa personne, de les considérer d'égal à égal... condition pour être bien avec les autres.

 

Nous pouvons aussi entendre cette femme qui se plaint d'être mal considérée par son mari. Ce n'est évidemment pas de sa responsabilité, d'être considérée comme de la merde pas son mari... Mais... Mais n'est-ce pas de sa responsabilité, à elle, de laisser son mari la considérer ainsi ? Et si elle réagissait autrement ? Et si un jour elle ne faisait pas à dîner ? Et si un jour elle refusait d'obéir à l'ordre qu'il lui adresse ? Et si un jour elle jouait un jeu différent de celui qu'il attend.

 

Le tyran a besoin de l'esclave pour être tyran... Si l'esclave refuse d'être esclave, le tyran ne peut plus être tyran.

 

Ainsi, dans bon nombre de situations, la personne « en souffrance » doit aussi (je dis bien « aussi ») se poser la question : Y suis-je pour quelque chose ? Ai-je accepté une situation inacceptable ? Ai-je laissé  penser à l'autre qu'il pouvait se comporter avec moi de la façon dont il se comporte?

Alors, je crois qu'à partir de ce moment-là, si on s'est répondu Oui, il est possible d'agir ou de réagir autrement.

 

Tous nos actes -je dirais même toutes nos pensées- ont des conséquences. Y compris celui de « laisser-faire » !

Publié dans Réflexions

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psyblog à Françoise 24/05/2011 09:48


Effectivement, lorsqu'il y a manipulation c'est autre chose, encore que nous pourrions revenir à la question que je (me) pose : Qu'est-ce qui fait, dans notre histoire intime, que l'on "accepte",
tolère, se laisse emporter par la manipulation de l'autre.
Il ne s'agit pas de gommer la responsabilité de l'autre, mais peut-être de percevoir ce qui, en nous, lui a donné la possibilité d'exercer sa manipulation sur nous.


françoise 20/05/2011 09:30


OUI, ...mais: quand la manipulation est là, on ne fait que ça: se dire que tout est de sa faute.
On n'est totalement incapable de penser "je dois cesser de me laisser faire" puisque l'autre a réussi à vous faire croire que la coupable, la folle, c'était vous.
20 ans à me croire folle puis 10 ans pour comprendre que le fou c'était lui....
Le genre d'article comme celui que vous venez d'écrire a alimenté cette croyance en ma responsabilité (ma culpabilité).
non, vraiment, c'est très dangereux d'écrire ça.


mike 09/05/2011 23:00


c'est vrai, notre objectif est d'apprendre à se connaître et pour cela la société est un terreau fertile; la réaction des autres est comme un miroir de nos actions et pensées et l'introspection,
l'analyse permettent de se découvrir et la volonté nous permet de changer pour être au moins en harmonie avec les autres sinon un jour devenir un être humain.


betty 21/03/2011 08:50


Merci pr ce post.Après qques années d'analyse,je m'essaie non ss difficultés parfois à adopter ce comportement.Se protéger des manipulateurs,abuseurs,pervers énergivores,en tt genre et il st
nombreux...Constatation de ce changement est que l'entourage résiste et parfois tente de me persuader de ne pas disposer de ma liberté à dire "non".Ne plus accepter l'innacceptable,sujet récurrent
sur lequel je travaille depuis ...depuis lgpts! Je fais office d'"OVNI" pr certains,cela m'a valu d'utres rencontres plus heureuses,mais enfin et ouf,je me suis enfin "retrouvée! Merci pr vos
chroniques quotidiennes.