Le monde extérieur : Danger ?

Publié le par Psyblog

 


 

18 ans. Belle jeune fille. Bonne scolarité. Bac en poche. Un petit copain. Une maman, un papa qu'elle ne voit plus depuis des années. Un petit frère et une petite soeur. Des études supérieures en cours par correspondance. La vie, quoi ! Sauf que...

 

Sauf que...

Elle ne peut entrer dans un magasin pour acheter quelque chose et est "obligée" d'"utiliser" les autres pour le faire. Elle ne peut aller dans une soirée à laquelle l'invitent son "petit-copain" et ses amis, elle ne peut aller au cinéma, elle ne peut aller à une conférence. Parce qu'elle a peur, peur qu'on la regarde, peur qu'on la perçoive ridicule, peur, peur, peur...

Elle avait commencé en septembre une formation dans une ville à une centaine de kilomètres. Elle a arrêté au bout d'une semaine. Elle dit que c'est parce que cette formation ne lui plaisait pas. Elle dit aussi qu'elle ne se sentait pas bien toute seule dans sa "piaule", qu'elle pleurait tout le temps, qu'elle pleurait d'être loin de chez elle, et surtout de sa mère... Elle dit aussi que parfois elle refuse d'aller à une soirée, même avec des personnes qu'elle aime, au motif que elle ne veut pas laisser sa maman seule (Moi je n'aime pas être seule alors ma mère non plus je suppose... Et pourtant elle me dit d'y aller !). Elle ne peut se projeter loin de sa maman. Dans dix ans ? D'abord c'est difficile de m'imaginer dans dix ans, mais si vraiment j'essaie, ce sera tout près de chez ma mère. Exit les enfants, le mari, la profession, seule compte, comme ça, spontanément... Tout près de chez ma mère.

Et comme je le lui note, elle me dit, dans une colère retenue J'en ai marre, j'en ai marre de ma mère. Je n'arrive pas à me passer d'elle, je sais bien que c'est moi qui ai peur de lui faire de la peine...

 

Je n'ai rencontré cette jeune fille qu'une seule fois. Nous sommes "partis" sur le chemin de sa liberté. Nous allons partir sur le chemin de sa liberté. Pour qu'elle se permette de quitter cette maman-là pour qui elle a si peur. Pour qu'elle se permette de vivre sa vie à elle et non celle qu'elle pense que sa maman voudrait qu'elle vive.

 

Sa peur des autres, son impossibilité à vivre seule dans une petite chambre (oui, je sais, c'est pas facile même quand on va bien !) à une centaine de kilomètres de chez elle, cette même impossibilité d'aller acheter seule même une baguette de pain, cette quasi-impossibilité de penser à elle hors de sa mère évoque à la fois la phobie sociale, la séparation impossible, l'effacement de soi, l'inconfiance / l'insconcience de soi, ET ce que j'appellerais bien "La peur de l'extérieur", la peur du monde extérieur. A tant protéger (que ce soit "vrai" ou seulement "imaginé" par l'enfant) laisse entendre que le monde extérieur est "dangereux". Et il semble quie ce soit clairement ce que pense cette jeune fille : Le monde extérieur est dangereux. Il (le monde, les gens) va la juger, et tant qu'à faire la trouver ridicule.

Ce qui a fait que cette jeune fille soit à ce point prisonnière de sa relation à sa mère, je n'en sais aujourd'hui rien, mais c'est sans doute sur cet emprisonnement et sur l'acceptation de cet emprisonnement que nous allons travailler. Sa mère ne l'a pas emprisonnée, mais elle l'a pensée et s'est laissée faire. Pourquoi ?

 

Ce que nous laissons entendre, nous, parents, à nos enfants quant à leur liberté de choisir et de vivre leur vie à eux se joue au jour le jour. A coup de C'est toi qui choisis et à coup de Je te dis ce que j'en pense mais tu fais comme tu veux, mais aussi à coup de Tu feras comme je te dis, de Je suis triste quand tu pars, de Je suis malheureux quand tu n'es pas d'accord avec moi, de Fais ce que tu veux mais si tu ne fais pas ce que je veux tu dégages, de Tu es libre, mon fils (ma fille). Alors parfois "ça" donne parfois un "résultat" que nous n'imaginions pas, que nous n'espérions pas...

Rhaaa ! Quelle tâche difficile d'être parent !

Comme disait Dolto, la Grande Françoise, en substance : Peu importe ce que vous ferez, vous le ferez mal. Elle parlait des parents. Bien sûr !

Publié dans Réflexions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Fesséaupsy 02/04/2012 03:44


Bonsoir,


Pour parler des psy,ce que l'on peut dire en étant raisonnable c'est que le seul psy qui à une théorie constitué c'est hyppocrate un Médecin de L'antiquité .Que veulent dire les GRECQUES dans
l'Antiquité quant-ils parlent de la santé.La santé est le reflet physique ou physiologique de nous mêmes à un moment.Le malade peut donc etre tout le monde.les psys ne sont donc pas
épargnés.N'écoutez donc pas ces charlatans qui vous vendent du malheurs.se sont probablement des gitans expatriés.Quant-aux aneries qu'on peut lire sur internet n'y croyez pas au 13 ème siècele
le psy ,la terminologie n'existait pas à cette époque  d 'ou la véracité du propos par lequel il aurait convaincu la justice par leur démonstration de brulés des personnes pour sorcellerie
est probablemnt infondé.Alors si vous entendez un psy parler de justice, méfiez-vous l'humour est parfois mortel.ce qu'il faut c'est protéger votre vie privé.

Teensy-Weensy Pouchou 03/10/2011 08:58



J'ai attéri ici un peu par hasard... Le titre de ce post m'a interpellé et je n'ai pas pu résister...


Après lecture de celui-ci, je tenais à revenir sur le précédent commentaire...


 


Il est utopique de croire qu'on peut élever, au sein d'une même famille, 2 enfants (ou plus) de la même façon.


D'un enfant à un autre, le contexte change, les parents eux-mêmes changent... Ils viellissent, prennent de l'expérience dans leur rôle de parents, la situation financière évolue, il faut aménager
l'espace voire parfois déménager...


L'enfant, le premier né, n'est plus simplement le fils ou la fille de parents X ou Y, il devient grand frère ou grande soeur. Le cadet, la cadette, à la naissance, est de ce fait déjà bien
différent de son aîné (puisqu'il ne sera jamais "le seul")... Il aura des besoins différents (auxquels les parents répondront ou non, de la bonne façon ou pas), un développement différent et donc
une vie différente...


Sans compter que la génétique n'est pas innocente en ce qui concerne certains troubles psychiatriques... De ce fait, toujours au sein d'une même famille, un enfant peut déclarer un trouble Z,
tandis que son frère ou sa soeur ne le déclarera peut-être jamais...


 


Ensuite, je n'aime pas le terme "fragilité". Je parlerais plutôt de sensibilité. C'est ce qui fait que Mr. X et Mme Y voient le monde de façon totalement différente, qu'ils éprouvent des choses
différentes et vivent de façon différente mais aussi unique...


Et ce n'est pas parce qu'on est plus sensible a telle ou telle chose qu'on est forcément plus fragile... On est juste différent...


Quoiqu'il en soit, en ce qui me concerne, les parents, sont sensés être responsables de leurs enfants et donc de la façon dont ils se développent, en grande partie... Et il faut pouvoir trouver
le bon équilibre entre liberté et obligation ainsi que la bonne façon de communiquer avec l'enfant...


Être parents n'est probablement pas simple mais d'expérience être enfant non plus...


 


Pour finir, je dirais qu'en général, il ne faut pas "fouiller" bien loin pour trouver ce qui, quelque part, "mal fonctionné"... Que ce soit du côté des parents ou des enfants... Mais pour cela,
il faut pouvoir se remettre en question et admettre ses erreurs. Il s'agit là d'un autre débat, mais c'est une fois de plus quelque chose d'assez complexe... Surtout au sein d'une famille...



Dany 25/09/2011 17:01



"Qrelle tache d'etre parent!"  ,oui....Sauf que j'ai remarqué que si on s'occupe (préoccupe) de l'enfant ,ça ne va pas et si l'on ne s'en préoccupe pas plus que cà, cela ne va pas non
plus...


      Il y a des etres plus fragiles que d'autres et qui developpent des problèmes psy.


    Ce n'est pas toujours la faute des parents que l'on ne cesse d'accuser.


Dans une meme famille, avec les meme parents et la meme éducation , on va se retrouver avec une fille qui avance sans souci et une autre qui développe des problèmes psy.


       Certes, en fouillant, on peut toujours trouver que il y a eu une difference qui fait que.  ...Mais est ce bien vrai?